L’or recule à nouveau et le marché rattrapé par le retour des tensions inflationnistes

Après un bref répit observé jeudi, le marché de l’or a rapidement repris le chemin de la baisse. Vendredi, le métal précieux s’inscrivait de nouveau en repli, illustrant les hésitations actuelles des investisseurs face à un environnement macroéconomique toujours incertain.
En milieu d’après-midi, le contrat à terme sur l’or pour livraison en juin abandonnait environ 0,4 %, revenant à 4.610,7 dollars l’once, selon les données de marché compilées par MarketWatch. Ce mouvement intervient alors même que l’or s’était légèrement redressé la veille, s’éloignant temporairement d’un plus bas d’un mois.
Le sursaut observé jeudi n’aura donc été que de courte durée. Dans un contexte de volatilité persistante, les investisseurs restent prudents. La dynamique de fond semble en effet dominée par des facteurs macroéconomiques plus lourds, en particulier l’évolution des prix de l’énergie.
La remontée de ces derniers ravive les craintes d’une inflation plus durable que prévu. Or, ce scénario implique une réaction potentielle des banques centrales, qui pourraient être contraintes de maintenir, voire de relever, leurs taux directeurs plus longtemps.
Selon les analyses publiées par la Banque centrale européenne (BCE) et la Réserve fédérale américaine (Fed), l’évolution des coûts énergétiques reste un déterminant clé de l’inflation globale, avec des effets indirects sur l’ensemble de l’économie (sources : BCE, Fed, rapports sur la politique monétaire).
Dans ce contexte, l’or se retrouve face à un dilemme bien connu. Traditionnellement considéré comme une valeur refuge, il conserve un rôle de protection à long terme. Toutefois, il devient moins attractif lorsque les taux d’intérêt augmentent.
Comme le souligne Jean-François Faure, fondateur de la plateforme Aucoffre.com:
« Le métal jaune reste soutenu par son rôle de couverture de long terme, mais il subit désormais de plein fouet le retour d'un scénario que le marché redoute particulièrement : énergie plus chère, inflation plus tenace, baisses de taux repoussées. »
Autrement dit, même si l’or n’est pas délaissé par les investisseurs, il cesse d’être perçu comme une protection immédiate dès lors que le rendement des actifs alternatifs, notamment obligataires redevient compétitif.
À court terme, l’évolution de l’or dépendra largement des prochaines données économiques, en particulier celles liées à l’inflation et à la politique monétaire. Les publications d’indicateurs comme l’indice des prix à la consommation (IPC), suivies de près par des institutions comme l’INSEE ou le Bureau of Labor Statistics (BLS), pourraient influencer les anticipations de marché.
Dans ce climat, l’or reste un actif sensible aux arbitrages des investisseurs entre sécurité, rendement et anticipation des politiques économiques. Une chose est certaine : tant que les incertitudes autour des taux et de l’inflation persisteront, le métal précieux continuera d’évoluer au rythme des signaux macroéconomiques.