Impôts 2026 : faut-il déclarer lingots et pièces d’or ?

Publié: April 11, 2026 - 3 min de lecture
Impôts 2026 - faut-il déclarer lingots et pièces d’or ?

La campagne fiscale 2026 soulève de nombreuses questions chez les épargnants, notamment concernant le traitement de l’or physique dans la déclaration de revenus. En France, les lingots et pièces d’or d’investissement bénéficient d’un régime fiscal spécifique, souvent méconnu, qui se distingue nettement de celui des placements financiers classiques.

Tout d’abord, l’acquisition d’or physique n’a pas à être mentionnée dans la déclaration de revenus. En effet, l’achat de lingots ou de pièces ne constitue pas un revenu, mais une simple conversion de patrimoine. De ce fait, aucune ligne dédiée n’existe dans le formulaire fiscal.

Par ailleurs, l’or d’investissement est exonéré de TVA, sous réserve de respecter certains critères : une pureté minimale de 995 millièmes pour les lingots, et pour les pièces, une frappe postérieure à 1800, un cours légal passé ou présent, ainsi qu’une pureté d’au moins 900 millièmes. Ce régime fiscal avantageux contribue à limiter le coût d’acquisition et renforce l’attrait de l’or dans une logique de préservation du capital.

Durant la phase de détention, l’or physique ne génère aucun revenu imposable. Contrairement à d’autres actifs comme les valeurs mobilières ou l’immobilier, il ne produit ni intérêts ni loyers. Par conséquent, tant qu’aucune cession n’est réalisée, aucun élément relatif à cet investissement n’est à déclarer. Ainsi, en 2026, un contribuable n’a aucune obligation déclarative au titre de l’or détenu en 2025, en l’absence de vente.

En revanche, une obligation apparaît en cas de cession. La déclaration fiscale 2026 portant sur les opérations effectuées en 2025, toute vente d’or intervenue sur cette période doit être prise en compte. Deux régimes fiscaux coexistent alors:
- La taxe forfaitaire sur les métaux précieux (TMP), fixée à 11,5 % du montant total de la vente, incluant la CRDS.
- La taxe sur la plus-value (TPV), qui s’élève à 37,6 % et s’applique uniquement au gain réalisé.

Dans le cadre de la TPV, un abattement de 5 % par an est accordé à partir de la troisième année de détention, permettant une exonération totale après 22 ans. Ce mécanisme favorise les stratégies d’investissement à long terme.

Il est important de noter que ces impositions ne sont pas intégrées à la déclaration annuelle classique. Elles doivent être déclarées et acquittées dans le mois suivant la vente, via des formulaires spécifiques, ce qui explique leur absence dans le processus déclaratif habituel.

Enfin, la conservation des justificatifs d’achat revêt une importance majeure. Factures, certificats ou preuves de transaction permettent d’établir la date et le prix d’acquisition, éléments indispensables pour bénéficier du régime de taxation sur la plus-value. À défaut, le contribuable pourrait être contraint d’opter pour la taxe forfaitaire, calculée sur le montant brut de la cession.

Dans l’ensemble, le cadre fiscal français applicable à l’or d’investissement repose sur une logique incitative : absence de taxation à l’achat et pendant la détention, et allégement progressif de l’imposition en cas de conservation sur le long terme. Cette structure encourage une approche patrimoniale orientée vers la stabilité et la protection du capital, plutôt que vers des opérations spéculatives de court terme.