Au-dessus de 4 700 $, l'or oscille entre soutien géopolitique et frein monétaire de la Fed


Publié: April 10, 2026
Modifié: April 10, 2026
 

Au-dessus de 4 700 $, l'or oscille entre soutien géopolitique et frein monétaire de la Fed

Sur le plan international, la trêve fragile entre Washington et Téhéran continue d’alimenter la nervosité des marchés. Les frappes aériennes menées par Israël au Liban, en réponse à l’implication du Hezbollah, ravivent les tensions régionales.

Par ailleurs, la Maison-Blanche a précisé que le Liban ne faisait pas partie de l’accord de cessez-le-feu temporaire conclu entre les États-Unis et l’Iran. En réaction, Téhéran a de nouveau interrompu le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, axe clé du commerce pétrolier mondial, tout en menaçant de de l’accord de cessez-le-feu si les hostilités persistent. Ce climat tendu favorise le dollar et limite l’appétit pour les actifs risqués, exerçant ainsi une pression sur l’or.

Du côté de la politique monétaire, les minutes de la réunion du FOMC des 17 et 18 mars confirment une orientation restrictive appelée à durer. Les responsables de la Fed privilégient une approche prudente face aux risques inflationnistes, notamment liés aux tensions énergétiques. Néanmoins, ils maintiennent l’hypothèse d’un assouplissement progressif des taux à horizon de fin d’année, avec une nouvelle baisse envisagée à plus long terme. Cette perspective tempère la progression du dollar et soutient indirectement l’or, dont l’attrait augmente dans un environnement de taux réels moins dynamiques.

Les investisseurs adoptent par ailleurs une posture attentiste à l’approche de la publication de l’indice PCE, principal indicateur d’inflation suivi par la Fed, attendue jeudi aux États-Unis. Cette donnée sera complétée vendredi par l’indice CPI. Ces statistiques pourraient influencer significativement les anticipations de politique monétaire et orienter plus clairement les mouvements du dollar et du métal jaune.

Lors de la séance asiatique de jeudi, l’or (XAU/USD) évolue légèrement à la baisse, sans toutefois accentuer le repli amorcé la veille après un sommet de trois semaines. Le métal précieux reste enfermé dans une zone de fluctuation étroite, sous l’effet de deux dynamiques opposées : le renforcement du dollar américain, soutenu par les incertitudes géopolitiques, et la posture mesurée de la Réserve fédérale, qui limite l’attrait du billet vert.

Sur le plan technique, l’or évolue en dessous de sa moyenne mobile simple à 200 périodes sur le graphique en 4 heures, ainsi que sous le niveau de retracement de Fibonacci à 50 % de la correction de mars, ce qui traduit un biais globalement baissier. Le MACD reste en territoire négatif, tandis que le RSI, proche de 52, reflète un essoufflement de la dynamique haussière plutôt qu’un véritable retournement.

En termes de niveaux clés, un premier support se situe autour de 4 604 $ (retracement 38,2 %), suivi de 4 412 $ (23,6 %) et de 4 102 $, correspondant à un creux antérieur susceptible de susciter un regain d’intérêt acheteur. À la hausse, la résistance immédiate apparaît à 4 758 $ (50 %), avant une zone plus marquée entre 4 895 $ et 4 914 $, où convergent la moyenne mobile à 200 périodes et le retracement 61,8 %. Le seuil psychologique des 5 000 $ demeure ensuite la principale cible à plus long terme.

Dans ce contexte de volatilité persistante, l’or physique continue d’attirer une partie des investisseurs soucieux de préserver leur capital. Sous forme de lingots ou de pièces, il constitue une valeur refuge tangible, indépendante du système bancaire, et offre une exposition directe aux évolutions du marché dans un environnement incertain.