L’or progresse dans un contexte d’espoir diplomatique au Moyen-Orient

Les marchés financiers ont retrouvé un peu de calme mercredi, portés par l’idée qu’une désescalade pourrait émerger au Moyen-Orient. Dans ce contexte plus apaisé, l’or repart à la hausse, tandis que les prix du pétrole et les taux obligataires reculent, traduisant un changement d’humeur des investisseurs après plusieurs séances marquées par une forte nervosité.
Vers 14h45, le contrat à terme sur l’or pour livraison en juin progressait de 2,7 %, à 4.693,5 dollars l’once, selon les données de MarketWatch. Dans le même temps, le baril de Brent de mer du Nord abandonnait 6,5 %, soit plus de 7 dollars, pour revenir autour de 102,75 dollars le baril. Cette détente des marchés intervient après une annonce du président américain Donald Trump, qui a indiqué mardi soir suspendre l’opération de réouverture partielle du détroit d’Ormuz lancée la veille par les États-Unis. Washington souhaite désormais se donner davantage de temps afin de tenter d’aboutir à un accord diplomatique avec l’Iran.
Le détroit d’Ormuz reste l’un des points stratégiques les plus sensibles du commerce énergétique mondial. Selon les données de l’Agence internationale de l'énergie, une part importante des exportations mondiales de pétrole transite chaque jour par cette zone maritime. Toute menace sur sa stabilité a donc des répercussions immédiates sur les marchés de l’énergie et, par extension, sur les anticipations d’inflation mondiales.
Le reflux du pétrole observé mercredi est ainsi perçu comme un signal d’apaisement. Les investisseurs estiment qu’un recul des tensions géopolitiques pourrait réduire les risques de flambée durable des prix de l’énergie, un élément clé dans les décisions futures des banques centrales. Depuis plusieurs mois, la trajectoire des taux d’intérêt reste en effet au cœur des préoccupations des marchés.
L’or évolue traditionnellement dans un équilibre complexe : il bénéficie des périodes d’incertitude géopolitique, mais souffre souvent lorsque les taux d’intérêt restent élevés. En effet, contrairement aux obligations ou aux placements monétaires, le métal jaune ne génère pas de rendement. Lorsque les banques centrales relèvent leurs taux pour lutter contre l’inflation, les investisseurs ont tendance à privilégier des actifs rémunérateurs, ce qui peut freiner la progression de l’or.
La Réserve fédérale des États-Unis continue justement d’adopter une posture prudente face à une inflation encore surveillée de près. Les dernières publications de l’institution montrent que les responsables monétaires restent attentifs à l’évolution des prix de l’énergie et aux conséquences des tensions internationales sur l’économie américaine.
Dans ce contexte, les marchés anticipent désormais majoritairement un maintien des taux directeurs américains à leur niveau actuel jusqu’à la fin de l’année. Une perspective qui contribue à soutenir le métal précieux sans pour autant garantir une envolée durable.
« Les marchés continuent de tabler sur une forte probabilité que la Réserve fédérale maintienne ses taux inchangés jusqu’à la fin de l’année. Parallèlement, les autres grandes banques centrales devraient elles aussi conserver une attitude prudente, avec une possibilité de hausse des taux si les pressions inflationnistes persistent. Cela pourrait limiter le potentiel de hausse de l’or »
Inki Cho, consultant pour le courtier Exness.
Cette évolution illustre une nouvelle fois la sensibilité des marchés financiers aux annonces diplomatiques et aux risques géopolitiques. Entre tensions au Moyen-Orient, politique monétaire et évolution des prix de l’énergie, l’or continue de jouer son rôle traditionnel de valeur refuge, tout en restant étroitement dépendant des anticipations économiques mondiales.