Goldman Sachs maintient son objectif sur l’or à 5.400 $ malgré des risques baissiers

Publié: April 30, 2026 - 4 min de lecture
Goldman Sachs maintient son objectif sur l’or à 5.400 $ malgré des risques baissiers

L’or continue de s’imposer comme un actif stratégique dans un environnement mondial incertain. Entre tensions géopolitiques, politiques monétaires en mutation et rééquilibrage des réserves internationales, le métal précieux reste au centre des attentions. Dans ce contexte, Goldman Sachs maintient une prévision ambitieuse à 5.400 dollars l’once d’ici fin 2026, tout en adoptant un ton plus nuancé à court terme.

Derrière cette projection, la banque met en avant une réalité plus contrastée. Les stratèges estiment que les risques immédiats sont orientés à la baisse, notamment en raison d’une vulnérabilité accrue à des mouvements de liquidation. En période de stress sur les marchés, l’or, pourtant considéré comme une valeur refuge, peut être vendu pour répondre à des besoins de liquidité, en particulier si les marchés obligataires ou actions subissent des corrections simultanées. Ce type de dynamique a déjà été observé lors de phases de forte volatilité financière, comme le rappellent régulièrement des institutions telles que la Banque des règlements internationaux (BIS).

Les tensions géopolitiques jouent également un rôle ambivalent. Si elles soutiennent généralement l’attrait de l’or sur le long terme, elles peuvent à court terme provoquer des réactions en chaîne sur les marchés financiers. Des perturbations dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz, par exemple, peuvent accentuer les mouvements de panique et déclencher des arbitrages rapides, parfois défavorables au métal jaune.

Malgré ces risques conjoncturels, le socle fondamental du scénario haussier reste solide. Goldman Sachs insiste notamment sur le rôle central des banques centrales, qui continuent de diversifier leurs réserves. La banque anticipe des achats moyens d’environ 60 tonnes par mois jusqu’en 2026, une tendance cohérente avec les données publiées par le World Gold Council, qui souligne depuis plusieurs années l’intensification de cette stratégie de diversification. Cette dynamique traduit une volonté croissante de réduire l’exposition au dollar et de renforcer la résilience des réserves nationales.

Certains indicateurs récents invitent toutefois à relativiser le rythme de cette accumulation. Une forte baisse des achats a été observée ponctuellement, probablement liée à la volatilité des prix de l’or. Ce type de pause ne remet pas en cause la tendance de fond, mais illustre le caractère non linéaire de la demande institutionnelle.

L’environnement monétaire constitue un autre pilier du scénario de Goldman Sachs. La banque anticipe un assouplissement modéré de la politique de la Réserve fédérale, avec environ 50 points de base de baisse des taux. Une telle évolution tend à soutenir l’or en réduisant le coût d’opportunité associé à sa détention, comme le souligne également la Réserve fédérale dans ses analyses sur les conditions financières.

À moyen terme, certains facteurs pourraient même renforcer davantage la dynamique haussière. Goldman Sachs évoque notamment la possibilité que des tensions géopolitiques plus larges ou des inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire des économies occidentales accélèrent la diversification vers l’or. Ce type de scénario s’inscrit dans une tendance de fond observée par des institutions comme le Fonds monétaire international, qui met en avant les recompositions en cours dans le système monétaire international.

Au final, le message de Goldman Sachs est clair : l’or conserve un potentiel de hausse significatif, mais évolue désormais dans un environnement plus instable. La trajectoire vers les 5.400 dollars pourrait ne pas être linéaire, avec des phases de correction et de volatilité plus marquées. Pour les investisseurs comme pour les observateurs, l’enjeu consiste désormais à distinguer les fluctuations de court terme d’une tendance structurelle qui, elle, reste orientée à la hausse.